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L’autoroute bientôt limitée à 110km/h ?

La convention citoyenne pour le climat a proposé 149 changements au Président de la République Française. Zoom sur une mesure impactant le code de la route :

  • La diminution de la vitesse maximum sur les autoroutes, passant de 130 km/h habituellement, à 110 km/h.

Le premier impact de ce choix est, bien sûr, la pollution qui serait ainsi en baisse. En effet, comme vous le savez, plus la consommation d’essence est élevée plus la pollution est haute. Une étude a montré que les rejets de polluants ne sont ainsi pas plus élevés quand la vitesse augmente. Au contraire, ils diminueraient même plus la vitesse augmente, jusqu’à 80 km/h en tout cas, car ensuite ils augmentent de nouveau. Nous retrouvons ci-dessous le résumé de cette étude.

Si l’on suit cette étude, abaisser la vitesse à 110 km/h permettrait une baisse des émissions de NOx (oxyde d’azote) sur les autoroutes.

Un autre impact, lui moins positif, serait la perte économique conséquente de cette baisse de vitesse. En effet, les conséquences ont été étudiées en 2018 par le Commissariat général au développement durable (CGDD) par une étude coûts / bénéfices et cela jette un coup de froid sur cette mesure.

"L’abaissement des VMA de 20 km/h sur le réseau autoroutier a un bilan socio-économique très négatif de l’ordre de -550 millions d’euros (M€), dû à la perte de temps occasionnée (- 1.150 M€) qui n’est pas compensée par les gains en accidentalité (150 M€) et les économies de carburant (360 M€)", écrit le CGDD. Par ailleurs, "l’impact en matière d’accidentalité est inférieur à celui correspondant à l’économie de carburant, du fait d’un taux d’accident déjà très faible sur les autoroutes". 

Outre cette étude, il est aussi important de mettre en exergue le fait que les autoroutes deviendraient moins attractives ce qui réduirait le trafic sur ces tronçons et ainsi le revenu des sociétés qui exploite ces mêmes routes. Cela créera à coût sûr un contentieux avec l’Etat. Certains écologistes ont proposé à ces mêmes sociétés de baisser le prix des péages afin de garder leur affluence habituelle, mais le problème restera le même, la perte financière.

Diminuer la vitesse serait prendre le risque de s’exposer à la fronde d’une partie de la population mais aussi de vider (encore plus) les caisses de l’état.

Disposant de ces éléments, Emmanuel Macron a refusé le lundi 29 juin, au cours d’une conférence dans un décor verdoyant, 3 des 149 propositions de la Convention Citoyenne, dont le projet sur la baisse de vitesse sur les autoroutes !

Pas de panique donc, ce n’est pas pour tout de suite, mais le projet reste en réflexion du côté de l’Elysée.